Médias, élections, idéologie d’extrême droite de l’homme providentiel, unité de la gauche, candidat unique

En italique, ce qui a été ajouté aujourd’hui aux textes déjà publiés

Les théoriciens du droit, trop souvent, n’incluent dans le droit constitutionnel ni le mode de scrutin ni l’existence des médias dans les campagnes électorales. C’est ainsi qu’ils passent sous silence le fait que la Constitution des États-Unis, référence de la démocratie, est compatible avec les génocides de peuples indiens, les guerres impérialistes ou les atteintes aux droits de l’homme. Les sociologues, les historiens ou les théoriciens marxistes ont tendance à minimiser l’importance des médias dans la mobilisation des masses pour la première guerre mondiale, dans l’existence des fascismes, dans la décomposition des pays dits communistes, dans la transformation actuelle des démocraties et l’inconsistance de l’opposition social-démocrate ou communiste.

Un atout majeur pour l’élite mondialisée économique, politique et médiatique est la transformation des démocraties grâce au contrôle des médias de masse par les gros actionnaires, qui orientent la vie politique non vers le débat d’idées, mais vers la diversion des petites phrases et des images people des hommes providentiels, des divertissements et des faits divers, vers l’irrationalisme de la peur et de la xénophobie. Les idéologies d’extrême droite se banalisent et font tache d’huile. Pour arrêter la poursuite mondiale des « réformes » remettant en cause les acquis sociaux, la méthode est de déstabiliser dans tous les pays la croyance en la validité des discours médiatiques et d’imposer partout dans l’agenda politique non des personnalités ou des modèles, mais des véritables débats avec des propositions et des perspectives rationnelles de transformation. Il est donc possible de constituer une nouvelle Internationale, s’appuyant sur une meilleure intégration des facteurs médiatiques et idéologiques dans la théorie sociale.

L’assurance et l’arrogance de la droite et de l’extrême droite françaises s’appuient sur le contrôle des médias et de la communication ainsi que sur les institutions ad hoc de la Ve République, ce qui correspond à l’hégémonie de l’idéologie d’extrême droite de l’homme providentiel, s’exprimant particulièrement lors des campagnes présidentielles. Les conditions de la victoire de la gauche aux élections présidentielles sont non seulement la nécessaire unité d’action à l’égard des médias, preuve de la volonté républicaine de rationalité des partis de gauche, mais un débat public de toutes les forces de gauche sur la préparation des élections présidentielles, abandonnant les regrettables démarches « perso » déjà engagées, et aboutissant à la présentation d’un candidat unique se soumettant à une plate-forme transformatrice de la coalition des partis de gauche.

1) Pourquoi les médias de masse jouent un rôle politique important et pourquoi ils ne sont plus neutres
(Bellaciao jeudi 12 août 2010, 06h47)

Le temps consacré au militantisme est confisqué par les médias de masse contrôlés par les gros actionnaires.

La télévision est allumée en moyenne par jour 5 h 30, et elle est regardée en moyenne par jour 3 h 25. Et il ne s’agit que de la télévision, pas de la radio, ni d’Internet.

Si nous avons une démarche matérialiste dans l’abord de la personnalité, nous devons être très attentifs à l’emploi du temps des individus, et en particulier à cette partie de l’emploi du temps qui n’est pas consacrée à un travail subordonné, ce travail subordonné dont le patronat veut allonger la durée avec le mot d’ordre « travailler plus ».

On pourrait considérer le temps que les citoyens passent avec les médias audiovisuels comme favorable au développement de la citoyenneté, dans la mesure où on estime que ces médias sont pédagogiques ou ont le souci de développer cette citoyenneté, si bien que le temps consacré au militantisme traditionnel, au porte-à-porte, à la discussion, à la lecture militante, à la participation aux manifestations serait avantageusement remplacé.

Effectivement, on peut avoir des médias qui contribuent à l’émancipation des individus, quand existe par exemple un débat en direct de type pluraliste, ouvert à des intervenants et à un public divers, sans exclusion, avec un animateur soucieux de l’égalité de l’expression de chacun. Chaque participant s’exprime sans privilège d’audience, prenant le risque de sa propre contestation, par souci de rationalité et de vérité, par honnêteté intellectuelle. Chaque participant exprime ses critiques aux autres intervenants, et le débat authentique peut ainsi avoir lieu.

Nous devons cependant bien constater qu’il n’y a plus de débat véritable de ce type. Pour expliquer ce phénomène, il serait peut-être judicieux de s’intéresser au fait que les télévisions et radios privées de masse sont les propriétés de gros actionnaires et que la télévision et la radio publiques françaises sont dirigées par un président dont on connaît le sentiment à l’égard de ces mêmes actionnaires. On peut se permettre alors d’affirmer que les journalistes, mais aussi les créateurs et les programmateurs, ont du mal à s’engager au-delà de ce qui fait consensus entre ces actionnaires.

On peut rétorquer que la concurrence entre entreprises de communication génère par elle-même une certaine liberté d’expression, le capitalisme se moralisant ainsi au moins partiellement de lui-même. Mais alors on oublie un phénomène nouveau essentiel qui est le fait que sont propriétaires de tous les médias de masse, souvent déficitaires, seulement des gros actionnaires, propriétaires par ailleurs d’actions boursières et d’entreprises qui n’ont rien à voir avec le secteur de la communication. Ces actionnaires investissent dans des entreprises peu rentables parce qu’ils ont conscience que ces médias, s’ils ne sont pas contrôlés, risquent de mettre en question radicalement l’existence de l’ensemble de leurs empires.

Face aux possibilités extraordinaires d’émancipation contenues dans le développement de la production et de la mondialisation, ces actionnaires, dont les profits sont proportionnels au temps de travail productif immédiat, ont intérêt à ce que les médias contribuent à réduire le but de la vie des acteurs sociaux à travailler en situation subordonnée toujours plus longtemps, avec l’appât de la consommation de marchandises et de services marchands, les attentes d’émancipation étant orientées non vers des activités créatrices non subordonnées mais vers le divertissement ou le religieux, à moins que ces attentes ne soient bloquées ou freinées par une situation d’insécurité, génératrice de peur et de réactions affectives et irrationnelles.

Cette répartition du capital, concertée ou non, dans la mainmise de ces biens publics que sont la culture et l’information ne peut pas être considérée comme n’ayant que des effets secondaires dans la vie politique, d’autant que cette mainmise est quasiment totale en ce qui concerne les médias de masse, télévisions, radios, journaux.

Comment ce contrôle des gros actionnaires se manifeste-t-il concrètement ?

2) Comment les médias peuvent faire incorporer aux acteurs sociaux les valeurs néolibérales
(Bellaciao, vendredi 13 août 2010, 08h45)

Les médias de masse, contrôlés par les gros actionnaires, ne fabriquent pas seulement un milieu de vie, ils orientent insidieusement les comportements, et en particulier les comportements politiques.

Le consensus entre les actionnaires, barrière difficilement identifiable au-delà de laquelle les journalistes et les créateurs ne peuvent aller sans risquer le licenciement ou la mise au placard, se fait sur ce qu’on peut appeler les valeurs néolibérales.

L’État minimal néolibéral est le résultat du démantèlement de l’État social au profit d’un État considéré comme un État entreprise, le chef de l’État étant, dissimulé derrière une gestion comptable et sécuritaire, un patron tout aussi autoritaire et cynique que les actionnaires sont bureaucrates et sans âme dans les entreprises qu’ils possèdent. Cette transformation de la démocratie est compatible avec la transformation des médias en entreprises possédées par les gros actionnaires.

Cette possession des médias par les promoteurs du néolibéralisme explique que, à travers les fictions, les divertissements ou les informations, ce sont justement les valeurs néolibérales, quand elles sont mises en scène avec efficacité, quotidiennement et à dose suffisante, qui peuvent devenir des évidences et constituer un milieu de vie pour les acteurs sociaux.

Avec des rythmes hachés, des séquences courtes et percutantes, des transitions irrationnelles, des répétitions, mais aussi des belles histoires, selon les techniques d’opposition et de captage de l’attention du marketing, le monde proliférant des jeux, des divertissements et du sport est plutôt un monde de concurrence, en contraste avec le monde dévalorisé de la solidarité, tandis que le monde des fictions formatées et des séquences d’information manipulées de manière fictionnelle est souvent caricatural, avec d’un côté, les criminels, les étrangers et les héros négatifs antilibéraux qui menacent et provoquent l’insécurité, le désordre et la peur, et de l’autre côté, les chefs et les intellectuels « raisonnables », tous ceux qui établissent la sécurité et le bien-être.

Les médias de masse ne se présentent pas seulement comme des générateurs de spectacles réduisant à une relative passivité les téléspectateurs, construisant leur seul cadre de vie, mais, selon une prétention à une démarche globale, ces médias visent à rythmer la vie quotidienne, dans la mesure où ils sollicitent aussi le militantisme des téléspectateurs, un type de militantisme affectif qui marginalise le militantisme syndical et politique, trop rationnel. Les spots publicitaires incitent au passage à l’acte de la visite au supermarché. Les émissions avec animateurs conviviaux s’adressant au public sur le plateau et au public devant l’écran, sollicitent de manière diverse l’intervention émotionnelle ou pratique des téléspectateurs, jusqu’à une participation, souvent factice, à la programmation, au déroulement et à l’impact social des émissions.

C’est ainsi que, jouant le rôle de l’employeur, le téléspectateur participe à l’élimination d’un candidat dans la télé-réalité. Sauvegardant le capitalisme par la correction humanitaire de ses dysfonctionnements, le téléspectateur participe à une assistance à l’égard des victimes qui n’est que la mise sous tutelle des gens qu’on prétend aider. Avec l’appel à l’utilisation du concept de « care » en politique, c’est toute la population salariée qui serait transformée en population assistée, une population à qui on dénierait la capacité civique, la dignité d’acteur social étant réservée aux chefs, les chefs d’entreprise et le chef de l’État. Quant au téléspectateur écologiste, il suit les conseils de tri individuel des déchets, au moment où le fret SNCF supprimé met des milliers de camions sur les routes. Le téléspectateur militant social, lui, répond à la demande de don charitable d’une recherche médicale, pendant que les postes de chercheurs et les lits d’hôpitaux sont supprimés.

Le vote n’est plus qu’un acte affectif de type achat compulsif ou du type pseudo choix d’un divertissement qui succède à un autre sans avertir et qu’on subit plus que l’on choisit, par économie de réflexion. Un tel vote est adapté non au vote rationnel, consécutif à des débats, pour un programme ou des idées, mais au vote pour des hommes providentiels dont il nous est donné de suivre l’histoire au jour le jour. La Ve république, monarchie instituée sous la pression des généraux d’extrême droite, est tout à fait compatible avec le fonctionnement essentiellement bureaucratique et centralisé des médias de masse.

L’hégémonie culturelle du capitalisme passe autant dans les journaux télévisés que dans la fabrication par les officines de marketing et de sondages de certains types de programmation et de flux adaptés aux différents publics, selon des agendas fixés par les intérêts économiques et politiques.

Même ceux qui zappent la publicité ou qui refusent de regarder des informations qu’ils considèrent comme le développement d’une propagande à sens unique, risquent d’être d’autant plus victimes qu’ils ne se rendent pas compte de l’importance du rôle des fictions, des divertissements, mais aussi des rythmes et des programmations, et même ils risquent de renforcer cette hégémonie culturelle du capitalisme s’ils laissent penser qu’on peut s’en sortir individuellement, sans conceptualisation rigoureuse de la place et des fonctions des médias actuels.

Il reste donc à trouver une alternative.

3) Les attitudes vis-à-vis des médias qui maintiennent ou renforcent la domination néolibérale
(Bellaciao, lundi 16 août 2010, 06h07)

Avant de trouver une alternative à la domination idéologique néolibérale qui transite par les médias, mais aussi par l’appareil politique, par l’école ou par l’entreprise, il faut faire un état des lieux de quelques attitudes qui transforment ou non cette domination dans le domaine des médias.

Les organisations critiques, essentiellement les partis politiques de gauche et les syndicats, prennent en compte de manière insuffisante le rôle des médias dans l’hégémonie du néolibéralisme et dans la domination sûre d’elle-même de la droite. Souvent, ces organisations favorisent cette domination.

Les organisations critiques, qu’elles cherchent à renforcer leur appareil et leur identité ou qu’elles agissent de manière à valoriser les idées de transformation sociale qu’elles estiment justes, sans négliger le militantisme quotidien traditionnel qui demeure essentiel, conceptualisent logiquement l’importance des médias pour animer la vie politique et pour toucher le public des citoyens. Non seulement elles analysent de manière critique les discours et pratiques médiatiques, mais elles essayent d’intervenir dans ces discours et pratiques pour les transformer.

Nous avons vu que les moyens à la disposition des organisations critiques sont très limités, puisque le dispositif de médias de masse déficitaires permet aux seuls gros actionnaires d’intervenir directement, par la possession de ces médias.

Certaines des organisations critiques attribuent une importance essentiellement aux émissions d’information des médias de masse, et elles essayent donc de faire que leurs actions et propositions apparaissent suffisamment dans les journaux d’information.

Ce qui constitue une participation au renforcement de l’appareil de domination idéologique, c’est quand des organisations critiques ont la chance d’avoir accès aux médias, et que, pour être à nouveau invitées ou pour d’autres raisons, elles ont tendance à ne pas critiquer le discours médiatique, y compris à ne pas critiquer la façon dont elles sont présentées et animées, ce qui revient à légitimer implicitement auprès des téléspectateurs les discours et pratiques médiatiques, et le contenu dont ils sont porteurs.

En particulier, pour profiter de l’avantage en termes d’audience sur les organisations concurrentes, les organisations invitées ont tendance à ne pas protester contre la non-invitation de ces organisations concurrentes, faisant croire aux téléspectateurs qu’il y a du pluralisme et des véritables discussions politiques publiques dans les médias. Insistons : il n’est pas acceptable de jouer de son introduction dans les médias pour prendre sur les partenaires des avantages qui ne doivent rien à l’argumentation et tout à la possession d’un pouvoir ou d’un privilège extérieur à la logique de la délibération démocratique, ce qui revient aussi à tromper les citoyens qui ne disposent pas des informations suffisantes sur les différentes positions en débat.

Remarquons que le privilège accordé à une organisation et pas à une autre d’intervenir dans un média est octroyé, selon la logique plus ou moins opaque du consensus des actionnaires, par le souci de favoriser les propositions les moins transformatrices ou par le souci de diviser et de jeter le trouble dans l’opposition.

Quand elles n’ont pas accès aux médias, les organisations critiques essaient de faire des conférences de presse, de créer des manifestations si possible spectaculaires, de telle façon qu’on en parle dans les médias, pour briser le mur du silence. Remarquons que, pour ces organisations exclues des médias, les comptes-rendus des conférences de presse et des manifestations, quand ils existent, sont souvent déformés et noyés dans le flux néolibéral des images, si bien que cela ne perturbe pas trop le fonctionnement néolibéral des médias. Il y a même le risque, qui doit être maîtrisé, de donner un certificat de neutralité aux médias dans lesquels l’information passe, des médias dont on sait la façon dont ils sont contrôlés et qui pourtant vont apparaître comme objectifs, ces moments fugaces de pluralisme constituant une espèce de caution libertaire à l’instillation répétitive et dominante de l’idéologie néolibérale.

Quand les organisations critiques engagent une action collective, elles en décident avec responsabilité, en particulier avec la conscience que l’action risque d’être moins efficace et même d’échouer si le problème des médias n’est pas pris en compte de manière frontale. Il est donc préférable que les organisations critiques décident aussi d’une attitude unitaire dans les rapports avec les médias, cette attitude unitaire étant une composante qui devrait aller de soi de l’unité des organisations critiques en question.

Mais, étant donné tout ce qui vient d’être dit sur la façon dont les médias de masse actuels rythment la vie quotidienne, il ne s’agit pas seulement d’un problème d’efficacité des actions collectives des organisations critiques, il s’agit de la vie même des citoyens, du détournement de leurs attentes d’émancipation par ces médias au service du néolibéralisme. Il est extrêmement important que les citoyens se rendent compte de l’orientation politique globale de ces communautés conviviales de vie que les médias essayent de constituer avec les téléspectateurs.

Il faut que les citoyens s’appuient sur le fait que les organisations critiques décrédibilisent le fonctionnement actuel des médias, de telle façon que ces citoyens puissent donner du sens à leur sentiment de malaise quant au contenu et au fonctionnement des médias, et ce processus sera facilité si ce sont toutes les organisations critiques qui mettent en question l’orientation globale des médias de masse.

Il faut que les citoyens prennent à temps un peu de distance à l’égard des médias. Les organisations critiques ont pour rôle de les aider dans ce sens par un engagement collectif concret et visible qu’elles doivent définir à la suite d’un débat.

Quelques engagements simples paraissent logiques, en fonction ce qui vient d’être dit.

4) Pour une attitude unitaire à l’égard des médias
(Bellaciao, mardi 17 août 2010, 06h57)

Il faut réintroduire dans la vie politique la rationalité du véritable débat, ce qui suppose au minimum trois règles qui devraient être suivies par toutes les organisations qui refusent un fonctionnement non républicain. Dans toutes leurs interventions, ces organisations dénoncent les contrevérités des médias, leurs exclusions arbitraires de certaines organisations, tout en demandant l’organisation de débats publics en direct sans exclusive et contrôlés par les organisations participantes. En attendant cette unité, chaque organisation peut appeler les autres organisations et le public à un boycott spectaculaire des médias qui ne respectent pas cette organisation, tout en réalisant les débats publics nécessaires sur tout médias disponible à la démocratie..

L’union des organisations critiques peut concerner la participation commune à des grèves, à des manifestations, à des porte à porte, à des débats, à des distributions de tracts, à des collages d’affiches et même à un gouvernement, mais on ne voit pas pourquoi elle ne pourrait pas concerner aussi une attitude commune dans les médias.

Ne pas être unitaire sur les médias, alors que les médias représentent actuellement un lieu important de production et de diffusion du politique, ce serait, de la part des organisations qui en prendraient la responsabilité, exprimer le refus de l’union sur quelque chose d’essentiel, ce serait tromper les électeurs en faisant croire que l’union est réalisée alors que dans les médias les organisations en question parlent sans le dire en leur propre nom et non au nom de l’union, alors qu’elles mettent en question plus ou moins implicitement aussi bien la base de l’union que les autres organisations qui composent cette union et qui n’ont pas accès aux médias.

Il est alors nécessaire de souligner dans toutes les interventions, de telle façon que les acteurs sociaux en prennent conscience, la distinction entre une union faible, contradictoire, spectaculaire, et une union véritable, cohérente, décidée des organisations critiques. Autrement dit, les citoyens doivent constater que, à un moment donné, dans une conjoncture donnée, certaines organisations critiques font partie du noyau dur de l’union, constituant l’union fiable et cohérente, tandis que les autres organisations, qui font partie de l’union dans les déclarations et dans les manifestations tout en luttant contre elle dans les médias, font partie de ce qu’on pourrait appeler le ventre mou de l’union.

Les organisations critiques de ce noyau dur de l’union, pour neutraliser l’hégémonie culturelle des actionnaires, doivent contribuer à mettre en question la programmation et le contenu culturel et informatif des médias de masse auprès des citoyens, en s’engageant ensemble publiquement, à la suite d’un débat, jusqu’à ce que le fonctionnement partial des médias de masse devienne pour ces citoyens une évidence.

Premièrement, ces organisations critiques pourraient s’engager à dénoncer, au préalable et de manière précise sinon complète, dans chacune de leurs interventions, l’orientation culturelle, les déformations d’information et la propagande du média dans lequel elles sont invitées, mais aussi ce qui concerne les autres médias.

Deuxièmement, elles pourraient s’engager à affirmer ne pas pouvoir exprimer véritablement leur propre point de vue tant que les autres points de vue potentiels des partenaires n’ont pas droit de cité dans les médias en question, et si le point de vue propre de l’organisation est affirmé, les points de vue de toutes les autres organisations critiques doivent être aussi présentés de manière honnête.

Troisièmement, elles pourraient s’engager à demander à chaque fois l’organisation de débats complètement ouverts et en direct, sous la maîtrise des participants, sur tous les sujets, et en particulier des débats sur les programmations des différents médias.

De tels engagements constitueraient plus qu’une union sur des projets d’avenir, dans le cadre d’une concurrence entre organisations politiques de gauche dans l’opposition, projets dont les citoyens ont parfois fait l’expérience douloureuse de la non-réalisation ou de l’impossibilité de réalisation.

Ces engagements contribueraient plutôt à la constitution d’une union des organisations critiques sur ce que, en tant que forces d’opposition, elles peuvent faire concrètement dans l’immédiat, une aide mutuelle entre égaux, une aide palpable, en définitive profitable à toutes, consistant, comme nous venons de le voir, dans toutes leurs interventions, à analyser et dénoncer la censure et l’exclusion manipulatrice, et à réclamer des débats authentiques.

Cette solidarité concrète et le débat public entre ces organisations critiques deviendront le signe visible de l’amorce d’un fonctionnement non concurrentiel de la vie politique à gauche. Mais surtout cette force de rationalisation et cette capacité unitaire de l’opposition apparaîtront aux acteurs sociaux comme un moyen potentiel crédible d’expression et de réalisation de leurs attentes d’émancipation de leur condition subalterne. L’espoir revenu d’une réduction possible de l’écart entre ces attentes générées par le développement de la production et les conditions capitalistes de limitation des réalisations de ces attentes est le moteur de toute résistance sociale et de toute transformation sociale.

Il est vraisemblable, qu’étant données les habitudes, les trois règles déontologiques de type républicain énoncées ci-dessus, conditions d’un minimum de rationalité et de démocratie dans la vie politique, mettront du temps pour se réaliser. En attendant, les organisations critiques peuvent mettre en place les règles immédiates suivantes, qui apparaîtront de manière évidente dans l’opinion publique très rapidement :

Premièrement, boycott de toute invitation dans un média dans la mesure où ce média ne garantit pas une certaine durée d’expression à l’abri des agressions et harcèlements de « l’animateur-présentateur-journaliste », avec la conscience des possibles récupérations ultérieures par citation de petites phrases hors de leur contexte. C’est une question de dignité pour la personnalité invitée et l’organisation qu’il représente.

Deuxièmement, lors des conférences de presse ou des débats, refus de la présence de caméras et de micros appartenant à des médias qui manipulent les discours et refusent la présence sur leur plateau de tels ou tels représentants des organisations critiques. C’est une question de respect du téléspectateur, qui a droit à connaître en direct non des amputations, des déformations ou des caricatures mais l’intégralité des positions dans les débats politiques.

Troisièmement, de la part de toutes les organisations critiques, y compris celles qui ne sont pas concernées, car elles peuvent être concernées un jour ou l’autre, protestations, dépôt de plaintes, poursuite devant les juridictions commerciales ou autres des médias qui portent atteinte aux droits à l’image et aux droits à l’expression sans déformation ; en effet, puisque nous sommes dans une société de concurrence sur le marché et que la vie politique est considérée comme une concurrence électorale entre partis, il faut que les règles existantes de la concurrence et de la « transparence » soient respectées pour tous les acteurs et pas seulement pour les entreprises, et pas seulement dans la vie économique.

Ces trois règles manifesteront aux milieux populaires l’absence dans les médias de toute possibilité de critique véritable du pouvoir en place, autrement dit le refus, de la part des organisations critiques, de faire croire aux téléspectateurs qui n’y a pas de contrôle politique de la programmation et des informations par les gros actionnaires.

Quatrièmement, organisation de débats pluralistes en direct sur les médias qui les acceptent sans condition, avec la possibilité toujours existante d’un média Internet, les reproductions dans d’autres médias ne pouvant exister que sous contrôle de tous les participants au débat. Arrêtons enfin de faire confiance aux médias pour discuter, en développant le débat indirectement par l’intermédiaire d’interventions individuelles dans les médias, interventions se succédant de manière chaotique et approximative, avec les manipulations des médias en question.

Il reste à déduire de l’ensemble des points de vue exprimés ici les implications pour la préparation de l’élection présidentielle.

5) Les campagnes électorales de la gauche ne doivent pas être confisquées par la droite
(Bellaciao, lundi 27 septembre 2010, 08h21)

La gauche mondiale doit prendre ses distances irrévocablement avec l’hégémonie de l’idéologie d’extrême droite de l’homme providentiel, une hégémonie s’appuyant sur le contrôle de la presse, des radios et des télévisions de masse par les gros actionnaires. Contre l’irrationalité des petites phrases et des images people, il s’agit de mettre en avant le débat public en direct sans exclusive.

Le débat public à gauche sur la préparation en commun des élections est tabou ou renvoyé aux calendes grecques, par exemple après le premier tour, puisque, sans même envisager un débat public en direct entre toutes les forces de gauche sans exclusive sur ce sujet de la meilleure méthode pour que la gauche gagne les élections, certaines formations ont déjà leur candidat, ou une façon « perso » bien maladroite de préparer l’élection quand elles répondent au seul agenda de la droite, accordant à la droite et à son représentant le privilège de déterminer l’actualité. Le débat à gauche sur la préparation des élections est ainsi confisqué par la droite, ses instituts de sondage, son marketing politique, ses experts médiatiques et politiques, censés être les seuls capables d’aborder « scientifiquement », c’est-à-dire à coups de pourcentages, de pseudo enquêtes et de sujets d’actualité, les campagnes électorales.

Pour expliquer cette absence de débat véritable, il faut d’abord parler non en termes de « démocratie », mais en termes de processus de démocratisation ou de processus contraire de « dédémocratisation ».

Le vote des femmes a été un phénomène de démocratisation, par contre la suite de réformes qui conduisent à plus d’inégalités entre les pensions de retraite des femmes et celles des hommes constitue un processus de dédémocratisation.

Un autre phénomène de dédémocratisation, sur lequel il faut insister car il est très nouveau et important, est la prise de contrôle des médias de masse par les gros actionnaires. L’attribution des fréquences, qui constituent un patrimoine public, doit être tel qu’il donne certes aux actionnaires la liberté de s’exprimer, mais pas au point qu’ils soient devenus les seuls à pouvoir s’exprimer, puisqu’ils sont dorénavant à peu près les seuls à contrôler l’information et la culture, grâce aux choix politiques du laisser-faire par le marché.

Ce monopole de la liberté d’expression se manifeste, sur le plan formel, par l’absence de débat public en direct, par l’exclusion ou la promotion à certains moments de certains acteurs politiques et de certains sujets d’actualité, par la déformation de l’information et l’orientation politique de la programmation.

Sur le plan du contenu, cette orientation se traduit par la primauté de l’image ou des petites phrases des personnalités politiques sur les programmes qu’ils représentent, si bien que, une fois élus, sur la base de la confiance des électeurs envers des personnes et non des partis, les gouvernements considèrent qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent, même le contraire de ce qui figure dans leurs professions de foi électorales, la société civile et le mouvement social étant alors seuls susceptibles de freiner ce processus pervers, à moins qu’ils ne le valident s’ils ne remettent pas en question quelque peu la configuration politico-médiatique qui le favorise.

Le résultat de cette domination des médias est la réalisation de l’idéologie d’extrême droite de l’homme providentiel. L’absence de rationalité et de débat véritable que cette croyance au bon monarque et cette personnalisation impliquent est le point-clé de l’ouverture d’une possibilité de développement du populisme, des replis religieux et communautaristes par rejet du politique, de banalisation de toutes les irrationalités, celles du racisme, de la xénophobie, du sexisme.

Cette hégémonie de la croyance en l’homme providentiel peut expliquer la mise en avant des personnalités dans certaines formations de gauche. Pour contrer cette croyance à la possible existence de bons-chefs-qui-peuvent-résoudre-tous-les-problèmes, il faut non seulement rendre populaire la critique des médias et constamment décrédibiliser leur mode actuel de fonctionnement, mais aussi mettre en avant des programmes politiques précis, non ambigus, avec, pour les appliquer, des équipes et non des personnalités.

Une façon spectaculaire de montrer aux milieux populaires le caractère partisan des médias peut être le boycott ou la menace de boycott des médias, qui se trouveraient ainsi menacés d’apparaître comme l’expression d’une voix totalitaire, le retour d’une organisation boycottante étant conditionné au respect de son expression, cette organisation pouvant aussi dénoncer les déformations des discours médiatiques, critiquer les exclusions des plateaux de certaines organisations, demander le pluralisme et des débats publics en direct.

Notons que le point de vue à gauche qui consiste à dire que le reflux de l’efficacité des forces progressistes face aux initiatives néolibérales ne tient pas à la non prise en compte dans les changements sociaux de l’évolution des démocraties par le viol du contrôle médiatique des gros actionnaires est particulièrement démobilisateur. Selon ce point de vue, les échecs seraient dus à la priorité donnée par les partis de gauche à la bataille électorale et au corollaire d’une conception verticale de l’organisation, c’est-à-dire à des raisons qui tiennent à l’organisation de l’activité des forces progressistes, alors que s’il y a un problème d’organisation, c’est essentiellement celui de l’unité d’action de toute la gauche. Vouloir substituer la politique sociale à la politique institutionnelle, c’est, dans l’esprit de ceux qui proposent cela, donner la priorité à une pratique fantasmée, comme si dire ce n’était pas aussi faire. La bataille électorale, pour ces dissidents, serait de type concurrentiel, dans un cadre démocratique idéalisé, bataille impliquant des partis caricaturés à organisation verticale sans véritable démocratie, comme si l’horizontalité des échanges n’était pas possible et aussi efficace, sinon plus, pour le succès électoral. Le projet est celui de dissoudre les cellules du parti communiste en collectifs spécialisés dessaisis du véritable pouvoir politique, la définition de la politique au sens plein étant dévolue à un conseil national élu par un congrès. Au lieu de se culpabiliser et de culpabiliser à gauche, selon une démarche égocentrique ou autistique, il vaut mieux culpabiliser le système capitaliste et avoir un regard de compréhension et une attitude concrète et pratique de discussion et d’ouverture à ce qui se passe.

6) La préparation de l’élection présidentielle en France

La gauche française doit enfin rompre publiquement et solidairement avec l’idéologie d’extrême droite de l’homme providentiel. Cela implique, contre la personnalisation omniprésente dans la campagne de l’élection présidentielle, la dénonciation des manipulations de médias et la désignation d’un candidat unique mettant en avant la seule plate-forme commune des partis de gauche. Ce candidat s’engage, dès qu’il est élu, à introduire dans les médias les conditions du pluralisme et du débat véritables, et d’autre part, contre le pouvoir d’un seul, ce candidat s’engage à abandonner ses prérogatives de président à une Assemblée nationale à la fois représentative, parce qu’élue au scrutin proportionnel, et souveraine, le Sénat et les institutions européennes n’ayant plus qu’un rôle consultatif.  Dans sa profession de foi, le candidat unique de la gauche s’engage à donner le pouvoir aux syndicats dans les entreprises, dans les institutions de protection sociale et dans les services publics, et à revenir sur les privatisations et les abandons de souveraineté.

En France, la personnalisation de la vie politique est aggravée par le fait que l’idéologie de l’homme providentiel est non seulement omniprésente à la radiotélévision, mais qu’elle est, pour ainsi dire, inscrite dans les institutions de la Ve République, qui est une monarchie élective avec campagne électorale contrôlée par les gros actionnaires. L’élection présidentielle y est donc l’élection cruciale.

La gauche de transformation doit donc en priorité affronter l’élection présidentielle, dans la mesure où elle considère l’élection comme un des moyens pouvant contribuer à la transformation de la société.

Participer à cette élection en appelant au boycott ou au vote blanc, ou en réduisant l’élection à une tribune, en arguant lucidement que la Constitution de la Ve République et la manipulation de la campagne électorale sont des obstacles importants pour la gauche de transformation, c’est cependant ne pas voir que le phénomène de transformation des démocraties par les médias minimise le rôle des Constitutions et qu’il peut être maîtrisé par l’unité à construire des forces de gauche à l’égard des médias (voir Bellaciao 17 août 6 h 57). Autrement dit, il est possible que la gauche gagne cette bataille électorale.

Au lieu de boycotter l’élection, et en attendant une attitude unitaire de toutes les forces de gauche à l’égard des médias, il faut plutôt boycotter les médias de manière spectaculaire. Premièrement, boycott de toute invitation dans un média qui ne garantit pas une certaine durée d’expression à l’abri des agressions et harcèlements de « l’animateur-présentateur-journaliste », deuxièmement, lors des conférences de presse ou des débats, refus solidaire de la présence de caméras et de micros appartenant à des médias qui manipulent les discours et refusent la présence sur leur plateau de tels ou tels représentants des organisations critiques, troisièmement protestations et éventuels, dépôts de plaintes contre les médias qui portent atteinte aux droits à l’image et aux droits à l’expression sans déformation, quatrièmement, organisation de débats pluralistes en direct ou en intégralité sur les médias qui les acceptent sans condition.

Une formation de la gauche de transformation ne peut pas se compromettre avec l’idéologie de l’homme providentiel. Par souci de cohérence, elle doit donc présenter à l’élection présidentielle un candidat qui, dans sa profession de foi, s’engage premièrement à introduire dès sa prise de fonction dans tous les médias de masse des débats sans exclusive en direct et la possibilité de la présence de toutes les sensibilités politiques dans les choix d’informations et de programmations, deuxièmement à abandonner l’essentiel de son pouvoir à une équipe gouvernementale désignée dès maintenant, une équipe défendant un programme précis et argumenté de transformation. Cette équipe serait susceptible d’être acceptée par la future Assemblée nationale, qui ne pourrait être qu’élue au scrutin proportionnel intégral, c’est-à-dire sans manipulation du mode de scrutin, tandis que le Sénat ne jouerait plus un rôle de frein à la représentativité et à la souveraineté, mais un rôle consultatif.

Cependant, la subversion en acte des institutions de la Ve République et du rôle des médias implique aussi que la gauche de transformation n’affronte pas l’élection présidentielle divisée, puisqu’il s’agit d’élire une seule personne, et qu’accepter le principe de présenter plusieurs candidats de gauche, c’est-à-dire ne pas faire des efforts jusqu’au dernier moment pour le choix public d’un projet transformateur, d’une équipe et d’un seul candidat, ne pas chercher à constituer un débat en direct sans exclusives entre forces de gauche sur la préparation de l’élection, c’est aussi en définitive se compromettre avec l’idéologie de l’homme providentiel, puisque c’est laisser le citoyen se débrouiller, dans l’urgence du vote, pour choisir non des idées ou des projets mais la personnalité que la gauche n’a pas été capable de désigner, parce qu’elle n’a pas voulu engager à temps les débats nécessaires.

Ces deux démarches, celle de mettre en avant une équipe et non seulement une personne et celle de présenter un seul candidat pour toute la gauche, supposent une attitude unitaire et solidaire à l’égard des médias. Sans cesse, dans chacune de leurs interventions, dans les tracts appelant aux manifs comme dans les invitations sur les plateaux de télévision, les représentants des partis de gauche n’arrêtent pas de réclamer des débats publics en direct sans exclusion d’aucun parti et de dénoncer les mensonges, les diversions et les exclusions manipulatrices des médias. En jetant auprès de la population le doute sur la validité des discours médiatiques, les partis de gauche, dès maintenant, affaiblissent le moyen d’action principal de la droite qu’est son contrôle direct ou indirect des médias.

La solution des primaires à gauche ne tient aucun compte de l’influence des médias et des instituts de sondage, qui neutraliseraient toutes les espoirs d’égalité entre les candidats aux primaires, de débat sur les idées et de participation des citoyens aux choix. Mais, surtout, se rajoutant à cette élection présidentielle que le devoir de la gauche est de mettre à distance, cette solution ne fait qu’ancrer encore plus les citoyens dans la croyance d’extrême droite que la politique est en définitive l’arbitrage citoyen non entre des programmes de partis ou de coalitions de partis mais entre des hommes providentiels, leurs promesses, leurs mouvements et leurs appareils.

La situation très particulière de l’élection présidentielle sous la Ve République et le fonctionnement tel qu’il est des médias impliquent que les organisations de gauche, pendant le temps d’une campagne électorale présidentielle qui a déjà commencé, mettent en avant, dans toutes leurs déclarations et manifestations, non leurs différences, mais ce programme unitaire de transformation qui devrait exister si ces organisations acceptaient un débat public en direct sans exclusive sur la préparation de l’élection présidentielle. Autrement dit, l’expression des différences doit être toujours explicitement en regard de ce qui unit dans la transformation, ce qui exclut qu’une composante de l’union de gauche critique, sans plus, telle composante de l’union ou tel aspect trop réformiste ou trop révolutionnaire du contenu ou de la méthode de l’union. Une composante de la gauche ne peut espérer continuer à bénéficier de la reconnaissance publique de sa contribution effective à l’union tant qu’elle ne rompt pas avec la personnalisation et la concurrence distillées par les institutions de la Ve république et par le fonctionnement actuel des médias.

La profession de foi du candidat unique de la gauche et de l’équipe à qui il s’est subordonné explicitement, pourrait imposer à l’agenda de la campagne électorale une augmentation des salaires d’au moins 20 %, à titre de rattrapage, la gestion paritaire de la protection sociale, des services publics, des entreprises, la transformation de tous les emplois privés en CDI et l’application du droit du travail, parce que les salariés ont droit à un minimum de respect, la remise en cause des abandons de souveraineté, des privatisations et des gestions managériales du secteur public, pour reconstituer un patrimoine national démantelé de manière illégitime, puisque la plupart du temps sans mandat explicite des électeurs.

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