Lecture d’un texte de Lucien Sève sur la création d’une nouvelle organisation communiste

Lucien Sève lu sur Internet, sur Bellaciao,  au printemps 2010. Texte non publié ailleurs que sur ce blog.

Il y a dans le parti communiste une carence dans la visée, qui est le socialisme comme confiscation étatique, social-démocrate ou social autocrate, et non le communisme, comme dépassement concret et actuel du capitalisme par appropriation des avoirs, des savoirs, des pouvoirs, et une carence dans la voie pour y arriver, qui est la prise du pouvoir par les élections, ce qui implique une carence organisationnelle, en l’occurence une organisation verticale avec une base qui exécute les décisions du sommet. Le lien logique entre le primat des préoccupations électorales et l’organisation hiérarchique n’apparaît pas clairement, puisqu’une organisation horizontale pourrait très bien convenir au succès d’une campagne électorale.

1° Le parti communiste ne s’interroge pas sur son histoire, sur sa déroute, sur ses rapports à la réalité sociale, sur son état d’organisation, sur sa crédibilité politique, son audience culturelle, son image globale. La crise du parti communiste tient à une carence stratégique, une paralysie organisationnelle, une allergie au pluralisme, bref une sous-activité intellectuelle.

2° La carence dans la stratégie, c’est de la carence dans l’ensemble de la visée, aussi bien la carence dans le chemin que la carence dans le but. Dans le programme commun de 1976, l’objectif était de socialisme, dont les bases étaient les nationalisations, et la voie était non la dictature du prolétariat, c’est-à-dire la conquête révolutionnaire violente du pouvoir, mais les avancées pacifiques, démocratiquement acquises par un vote majoritaire, avec des luttes.

Avec l’hégémonie du néolibéralisme, il ne reste plus au parti communiste qu’une stratégie défensive, une simple résistance, et les batailles électorales. Mais les milieux populaires pensent que rien de sérieux ne change avec les seules élections. Les milieux populaires perçoivent le parti communiste comme une formation électoraliste sans chance d’arriver au pouvoir, sans possibilité de changer le monde, une formation simplement utile au niveau local. Il y a donc la carence du socialisme et la carence de l’enlisement électoral.

3° La paralysie organisationnelle est un effet de la carence stratégique, et cette paralysie organisationnelle rend impossible le renouvellement stratégique.

Le modèle léniniste assurait la cohérence entre visées stratégiques et pratiques organisationnelles, le but étant la conquête révolutionnaire violente du pouvoir pour engager par en haut la construction du socialisme, le parti étant l’instrument de la guerre des classes, avec un état-major et des militants disciplinés, avec un sommet qui dirige et une base qui exécute, mais cette discipline doit être fondée sur une conviction librement acquise, avec démocratie des congrès et autorité admise des directions. Ce mode d’organisation répond à une stratégie qui se situe dans les normes de la politique institutionnelle, dans les normes de la domination bourgeoise, puisque on centre l’activité sur les élections nationales et que pour cela il faut un sommet qui décide du plan de bataille, arrête le programme, choisit les candidats, négocie avec les partenaires, oriente la propagande, la démocratie étant ainsi réduite au choix déjà mis en oeuvre par la direction. Stratégie et organisation sont la même chose considérée sous deux angles.

Les communistes, du fait des échecs répétés et d’un manque de vitalité de la pensée, manqueraient de confiance en leurs forces, ayant peur de disparaître ou d’être marginalisé dans d’éventuelles unions, combattant toute dissidence comme ennemie de l’intérieur. On n’a pas de bataille concrètement efficace, d’initiatives militantes de haut niveau, de politiques excitantes pour les jeunes, de formation de personnalités communistes rayonnantes. Le parti communiste pense avant tout aux élections prochaines, traite les problèmes par des compagnies au sommet dont l’une chasse l’autre, s’imagine être dans la pratique en distribuant quelques tracts, pratiquant une politique institutionnelle, façon dominante de faire de la politique, au lieu de s’accrocher à un chantier utile et subversif, tirant la leçon des échecs et des succès, apprenant des autres, manifestant ainsi le communisme en acte qui traite pratiquement tout ce qui ne peut plus durer, manifestant une politique sociale visant à l’appropriation sociale tous azimuts par les salariés et les citoyens associés des avoirs, des savoirs, des pouvoirs, visant à la créativité stratégique et culturelle. Les problèmes de la participation à la gestion, de la transformation des médias, de la sécurité d’emploi, des conditions de travail, de l’économie sociale ou des droits et libertés pourraient ainsi devenir, par petites touches locales, par le partage avec les salariés, des forces matérielles incontournables au niveau national

4° L’allergie au pluralisme marque la politique unitaire comme l’attitude envers la contestation, à cause d’un manque de confiance en soi nourri par les échecs, étayé par un manque de vitalité de la pensée. Accepter d’apprendre des autres ne doivent pas faire redouter de se perdre soi-même. La nécessaire politique d’union est marquée par la peur paralysante d’y disparaître. Il y a la hantise du partenaire qu’on aide à grandir et qui vous marginalise. Il n’y a pas le moindre espoir de remonter l’influence du parti communiste dans la crispation sectaire. Celui qui ne pense pas comme la direction est rarement écouté, jamais entendu, souvent combattu comme un ennemi de l’intérieur. C’est le système qui est en question, non ceux qui en sont les victimes. Il n’y a ni autocritique ni théorisation.

5° Le facteur commun à ces trois drames mortels est la sous-activité intellectuelle, le manque de réflexion sur les drames du XXe siècle, sur les menaces, sur les possibles.

Le parti communiste se réhabitue trop lentement à l’idée du communisme, qui ne doit pas être un idéal, mais une visée concrète de dépassement du capitalisme, l’idée de socialisme sous ses deux formes social-autocrate et social-démocrate étant disqualifiée. Le socialisme comme confiscation étatique ne peut être une transition vers le communisme, qui est appropriation par les travailleurs et citoyens des avoirs, savoirs et pouvoirs.

La minceur théorique des débats ne peut résoudre les problèmes stratégiques, organisationnels et unitaires.

6° Le dépassement du capitalisme a commencé. C’est l’essor de l’économie sociale, la critique des médias, la bioéthique, le commerce équitable, les solidarités courtes, la revalorisation de l’idée communiste. Dans tous les domaines se multiplient les choses qui ne peuvent plus durer, et partout des forces modestes tentent de s’y attaquer. Ajoutons à ce qui ne peut plus durer le management toyotiste d’entreprise ou le grossissement de l’État de police.

Nous ne devrons pas attaquer ces problèmes urgents à la façon d’un parti qui pense avant tout aux élections prochaines, qui traite les problèmes par des campagnes au sommet dont l’une chasse l’autre, qui s’imagine être sur le terrain en distribuant des tracts, mais à la façon neuve de militants qui s’accrochent à un chantier de transformation bien choisi, concrètement utile pour les personnes et subversif pour le capital, apprenant des autres, des militants faisant leurs classes, marquant des points, essuyant des revers, enracinant une image neuve du communisme en acte.

Il faut substituer au primat de la politique institutionnelle la politique sociale, c’est-à-dire l’engagement au comptant dans l’appropriation sociale par les salariés et citoyens associés, le ressaisissement ensemble des puissances sociales, matérielles et spirituelles qu’ils créent eux-mêmes et que la société de classes métamorphose en force aveugle qui les écrase, le retour à la lutte de classe tout-terrain, la remise en cause de la façon dominante de faire de la politique, l’invention stratégique et culturelle.

7° a) Comment s’approprier socialement quoi que ce soit dans le capital a tout en main ? Objection type du nostalgique de la révolution par en haut pour qui rien ne changera tant qu’on n’aura pas d’abord conquis le pouvoir. Les mouvements féministes ou écologistes n’attendent pas la révolution pour révolutionner les choses. Autour du dépassement communiste du capitalisme, il faut structurer notre vie par des batailles appropriatives de long souffle menées sur des foules de terrains par des collectifs locaux durables et formant peu à peu maillage général.

b) Le simple combat local peut-il faire bouger le système global ? Passer du primat de la politique institutionnelle à celui de la politique sociale, ce n’est pas s’enfermer dans le basisme, car il y a toujours l’objectif d’un rapport de forces permettant les indispensables transformations par en haut, mesures juridiques, conquêtes législatives, politique gouvernementale. La stratégie actuelle est impuissante à créer ce rapport de forces.

La conquête du droit d’intervention des salariés dans la gestion, le révolutionnement du contenu des informations télévisées, la sécurité d’emploi de formation pour tous n’ont pas d’audience. La sécurité d’emploi et de formation pour tous est un projet communiste fort. Il faut que cette idée devienne une force matérielle en s’emparant des masses, que les organisations communistes de terrain mettent avec persévérance, esprit de suite et ambition croissante, ce projet en partage avec les salariés de telle entreprise, avec des initiatives concrètes et des succès partiels, et ce projet serait une force difficilement contournable au niveau national.

c) Déplacer le centre de gravité à la base, n’est-ce pas déserter le combat au sommet, l’élection présidentielle ? Il vaut mieux commencer par rendre éclatante sur le terrain et au jour le jour l’utilité nationale d’une organisation communiste.

Il faut une révolution stratégique et organisationnelle de la force communiste. La cellule, enracinement populaire de l’action communiste, force locale, est trop généraliste, trop peu expérimentée et compétente, trop peu excitante pour les jeunes, trop peu formatrice de personnalités, c’est-à-dire incapable de définir une ligne politique. Dans la nouvelle formation appelée Initiative communiste, il faut remplacer les cellules par des collectifs thématiques d’initiative complètement autonomes, sans directions, véritablement émancipateurs, échangeant les informations, les expériences, les questionnements, les ressources, élaborant des initiatives communes et constituant des réseaux avec les collectifs homologues ayant les mêmes objectifs, ces réseaux se centralisant en conseils thématiques centralisateurs décentralisateurs sans directions, intervenant dans les débats institutionnels, les affrontements d’idées et la politique institutionnelle, dans les campagnes électorales, dans le travail législatif ou gouvernemental, dans les relations avec les autres partis et les partenaires internationaux. Il faut centraliser horizontalement, c’est-à-dire coordonner et assurer la cohérence sans la dépendance. Un conseil national sans directions, élu en congrès se préoccupe de la vue d’ensemble. Les centres thématiques et le conseil national fonctionnent non au pouvoir mais à la conviction et, pour conclure provisoirement, au départage majoritaire. Le point de vue minoritaire persistant, comme il n’y a pas de direction, est reconnu, et a droit à expérimentation, à faire la preuve pratique d’avoir raison. Le conseil national met en place un vaste secteur de travail rassemblant ceux qui militent dans les domaines de la politique institutionnelle, en particulier les élus. Pour faire vivre le primat stratégique de la politique sociale sur la politique institutionnelle et la maîtrise des collectifs de terrain sur l’activité générale, ce secteur a pour orientation l’orientation définie par les centres thématiques et le conseil national, non sans dialogues avec le secteur, le conseil national ratifiant les candidatures dans les cas les plus importants.

La politique au sens plein n’est pas du ressort des collectifs de base, ni même des élus de terrain, mais du conseil national élu en congrès. Il semble que les collectifs de base ne peuvent pas faire de politique en particulier parce que la base ne doit plus exister, puisqu’elle renvoie à la hiérarchie, à la verticalité.

8° Il faut, à côté de ce changement de stratégie, ce déplacement du centre de gravité de l’activité communiste sur les terrains de la transformation sociale, un changement d’organisation, une invention organisatrice.

Dans le système hérité de la IIIe internationale, l’organisation de base, appellation caractéristique d’un parti vertical, est la cellule. Sa force est d’être locale. Elle assure, si elle est vivante, un enracinement populaire à l’action communiste. Sa faiblesse est d’être généraliste, ayant à porter toute la politique du parti. Elle ne peut atteindre à l’expérience et à la compétence sur rien, ce qui n’est pas fortuit, puisqu’elle a été conçue non pour élaborer mais pour appliquer une ligne conçue et décidée en haut.

La cellule est ce qui rive le parti à une politique de sommet tournée vers la révolution par en haut ou, actuellement, vers la conquête électorale. On n’a pas de bataille concrètement efficace, d’initiatives militantes de haut niveau, de politiques excitantes pour les jeunes, de formation de personnalités communistes rayonnantes.

Il faut former tous azimuts des collectifs thématiques d’initiative, enracinés dans un territoire géographique ou sociologique à l’échelle d’une section, constitués par le choix volontaire, se consacrant dans la durée à une bataille transformatrice importante et précise, maîtres de leur activité, de leur orientation, de leur contenu, de leurs études, de leurs objectifs, de leurs modalités. Ces collectifs sont à la fois base et sommet. Ils exécutent ce qu’ils élaborent et décident eux-mêmes, tirent les leçons de leurs succès et échecs, deviennent plus performants en apprenant.

À la verticalité se substitue l’horizontalité.

Ces collectifs n’ont pas besoin de direction disant abstraitement quoi et comment faire, mais d’aide efficace qualifiée venant en premier des collectifs homologues du pays et de l’étranger, menant la bataille transformatrice sur les mêmes objectifs. Échanges d’informations et d’expériences, croisement des interrogations, mise en commun des ressources intellectuelles, élaboration d’initiatives communes, constituent des réseaux thématiques intervenant avec l’autorité acquise dans les débats institutionnels et les affrontements d’idées, donnant corps au dépassement communiste du capitalisme.

Tout cela réclame une organisation renvoyant non à une verticalité mais à une centralité, lieu d’incessantes activités centralisantes décentralisantes, organisation qu’on peut nommer conseil thématique central. Les conseils thématiques centraux sont la forme révolutionnée des anciennes sections de travail du parti.

Il y aura un conseil national élu en congrès permettant la vue critique d’ensemble, à l’exclusion d’un exécutif. Cette nouvelle organisation politique de transformation sociale sera nommée Initiative communiste.

9° Une formation politique sans direction peut-elle fonctionner ? L’émancipation des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes, et non du mouvement dit communiste ou du mouvement socialiste. Le parti qui veut l’émancipation générale, la prise en main de la gestion économique et sociale par les travailleurs, ne peut être construit sur le refus de l’émancipation militante. La vie militante n’a pas besoin d’être dirigée par le haut. Ce dont a besoin un combat transformateur efficace, ce n’est pas la verticalité du pouvoir mais la centralité des délibérations, une centralité horizontale qui ne dirige pas mais coordonne, qui engendre la cohérence sans la dépendance. Renouveler la direction, ce n’est pas renouveler.

b) Comment, sans direction, régler les divergences de vues qui naissent de la complexité des problèmes, la diversité des avis, les divergences de vues pratiques ou théoriques, sinon par une activité centralisante décentralisante vivante, avec un travail de pensée intense en prise directe sur l’expérience transformatrice ? Il ne faut pas l’affrontement statique des points de vue individuels, mais la dynamique d’une recherche commune sanctionnée par la pratique. Les centres thématiques et le conseil national fonctionnent non au pouvoir mais à la conviction et, pour conclure provisoirement, au départage majoritaire. Le point de vue minoritaire persistant, comme il n’y a pas de direction, est reconnu, et a droit à expérimentation, à faire la preuve pratique d’avoir raison.

c) Ce système hypothétique est-il capable d’affronter les exigences de la politique nationale, l’élection présidentielle, le travail parlementaire, les relations avec les partenaires en France, les relations avec les partenaires dans le monde, les grands problèmes nationaux de la politique institutionnelle ? La bataille dans le système du pouvoir politique institué importe les traits de ce pouvoir. Pour marquer des points au premier tour de l’élection présidentielle, il faut produire un candidat qui soit une personnalité médiatique, et donner la priorité aux élections, c’est ne pas pouvoir sortir de la forme verticale où un sommet dirige et une base exécute.

Le conseil national mettra en place un vaste secteur de travail rassemblant ceux qui militent dans les domaines de la politique institutionnelle, en particulier les élus. Ce secteur organise lui-même son activité et ses initiatives en toute responsabilité, sous deux réserves majeures, premièrement l’orientation politique que ce secteur traduit dans ses initiatives et ses votes est l’orientation que définissent en continu les centres thématiques et le conseil national, non sans dialogues poussés avec le secteur. Deuxièmement, c’est le conseil national qui ratifie les candidatures dans les cas les plus importants.

Ces dérogations concernent un certain rapport au pouvoir, mais elles sont imposées par les règles dominantes du combat politique, règles qu’il faut aussi travailler à faire bouger du dedans.

Ces dérogations sont circonscrites pour permettre de faire vivre en permanence le primat stratégique de la politique sociale sur la politique institutionnelle et la constante maîtrise des collectifs de terrain sur l’activité générale de la formation.

Il faut donc cette double révolution, stratégique et organisationnelle, de la force communiste, qui aura un profond effet sur la richesse du travail de pensée et l’authenticité de son ouverture au pluralisme, et sera un élément déclenchant pour l’invention de la forme d’organisation et de vie capable de rendre le désir de politique aux forces populaires et à la jeunesse en conjurant la cuisine de sommet, qui menacera moins s’il n’y a plus de sommet, en conjurant la prégnance du souci électoral, qui implique la verticalité du pouvoir. Cette nouvelle force communiste sera une préfiguration d’un ordre social d’appropriation collective et de dépassement des pouvoirs aliénants, une expression de militantisme libérateur.

Une maison commune des communistes pourrait être construite par des assises constituantes préparées, dans un climat de franchise, de fraternité et de militantisme commun, selon le principe d’horizontalité, avec un projet de charte servant de fil conducteur aux échanges préparatoires et aux débats des assises.

10° a) Comment avancer vers de possibles retrouvailles de tous les communistes dans une même formation ? Nous ne reviendrons pas au parti communiste, qui dit vouloir évoluer en profondeur, mais sans renoncer à sa conception stratégique et organisationnelle caractéristique, ce qui interdit toute transformation réelle. Les leçons de l’expérience à venir peuvent changer cette séparation de corps. Les divergences peuvent cesser d’être irréductibles. La question d’une maison commune de tous les communistes deviendrait d’actualité, mais ce serait une organisation qui ne reproduirait pas les errements qui ont contraint les sans partis à quitter le parti.

La seule modalité de construction de cette maison commune est celle d’assises constituantes préparées sous le principe de complète horizontalité. Il s’agit d’élaborer de façon pluraliste un projet de charte servant le fil directeur aux échanges préparatoires et aux débats d’assise.

Un tel processus sera favorisé par la participation commune à des initiatives transformatrices de terrain et par le climat des rapports entre le parti et les communistes sans parti marqué par la franchise dans l’expression des divergences et la fraternité dans les coopérations militantes.

b) L’action commune de terrain, non les discussions au sommet, est la clé de toute perspective unitaire de la gauche anticapitaliste. Montre-moi comment tu luttes, je saurais qui tu es.

Le Front de gauche n’est qu’un front électoral et n’a pas encore de crédibilité sociale. Il n’est pas encore animé d’une dynamique politique. Les milieux populaires et les jeunes se désintéressent des formes institutionnelles de la politique considérées comme incapables de répondre aux exigences de changement.

Les objectifs très abstraits, peu opérationnels et sans cohérence apparente de la transformation sociale : appropriation des forces productives et de la régulation par les salariés et les citoyens, élargissement de la démocratie.

Il faut passer du cartel électoral à une substantielle coopération politique, éventuellement à une association organique, étant donné que la maison commune est indiquée entre résidents désireux d’en faire le même usage. L’organisation commune à une pluralité de force partagerait la visée d’une évolution révolutionnaire dépassant le capitalisme avec les trois convictions suivantes, la première impliquant les deux suivantes.

Premièrement, la maîtrise des forces productives, d’un point de vue écologique en particulier, qui doit comporter le dépassement des rapports de production à caractère de classe.

Deuxièmement, le dépassement de la régulation par le taux de profit, la régulation marchande étant mise en discussion.

Troisièmement, le passage le plus large possible de la démocratie délégataire à la démocratie participative, la question du dépérissement de l’État étant mis en discussion.

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