Réponse à un questionnaire de la FASE 73

Questionnaire de GTSE73 (FASE)  envoyé début mars 2010 :

Nom:

Prénom:

Adresse:

Téléphone:

Adresse internet:

Souhaite  participer à l’activité du collectif

et recevoir les informations le concernant.                                            OUI      NON

Souhaite rejoindre cette fédération en construction                           OUI    NON

dont nous avons à établir ensemble le projet, la stratégie,

les champs d’intervention, les modes d’organisation,

les moyens de fonctionnement.

Souhaite être simplement tenu-e informé-e

sur les initiatives publiques qui seront prises.                                     OUI    NON

Est prêt-e à  soutenir financièrement l’activité du collectif.                 OUI    NON

Remarques:

Réponse envoyée le 29-03-2010 par mail :

Je réponds avec retard à une partie du questionnaire du collectif. Je suis d’accord avec la nécessité d’une formulation d’une démarche d’unité des forces anticapitalistes. Cependant, pour les dernières élections, j’aurais appelé à voter pour le Front de gauche exclusivement. J’essaie d’expliquer ma position, une position que je n’ai pas révisée depuis deux ou trois ans, faute d’y avoir vraiment réfléchi et d’en avoir discuté.

Le déclin du parti communiste et des forces anticapitalistes, il s’agit de l’expliquer. Certains amis pensent que ce déclin tient à des problèmes d’organisation des partis ou des « appareils », ou bien des problèmes de contenu des programmes. Par exemple, il faudrait dépasser la forme parti, élaborer un véritable projet. Mais chercher la responsabilité du déclin seulement sur soi-même, c’est faire comme si nous étions dans une université assurant une pleine liberté de parole et de discussion, le désaveu du public sanctionnant une mauvaise position élaborée avec une mauvaise méthode. On ne peut pas oublier un seul moment le contexte social et politique qui pèse sur le débat politique, s’abstraire de la domination que les partis, organisations et mouvements subissent et qu’ils participent à construire, car, étant donné les changements continuels du capitalisme et donc la nécessité de changer continuellement notre critique, ce serait courir le risque de quitter la voie anticapitaliste.

Je pense qu’il faut envisager d’autres facteurs pour expliquer ce déclin des forces anticapitalistes, des facteurs extérieurs aux partis, organisations et mouvements et qui en conditionnent l’essentiel de la dynamique, dans la mesure où ces partis, organisations et mouvements ne sont pas des buts en soi. Je pense à l’appareil d’information, c’est-à-dire les médias, les trois heures et demi de télévision par jour en moyenne, les journalistes obligés de satisfaire les conditionnalités des actionnaires et de leurs représentants. Je pense à l’appareil politique, c’est-à-dire à une constitution centralisant l’essentiel du pouvoir aux mains d’une seule personnalité, un système électoral non proportionnel avec un pluralisme formel sans pluralisme dans les médias, sans débat véritable, sans véritable campagne électorale, un appareil politique tout à fait cohérent avec l’appareil d’information pour sa concentration des pouvoirs et des privilèges et son démocratisme minimum. Je pense à la terreur sociale sur le marché international de la force de travail. Dans ces conditions où des milliards de citoyens sont considérés comme des sous-citoyens, croire que le débat politique puisse pleinement exister est une grave erreur. Faire croire que la vie politique au sens plein est possible est une faute. Cette erreur et cette faute, qui constituent une aide pratique à la survie du système capitaliste et à sa destruction de l’homme et de l’environnement, ne peuvent s’effacer par un discours anticapitaliste qui ne lutte pas pratiquement aussi et d’abord contre cette domination de l’appareil médiatique et de l’appareil politique, à croire que ces deux appareils sont les raisons de vivre impensées et non révisables de ceux qui expriment ce type de discours anticapitaliste.

Par exemple, concrètement, un critère pour étiqueter une personnalité comme anticapitaliste serait que toutes ses premières paroles dans un média soient pour mettre en question le non pluralisme du média qui l’interroge, et aussi des autres médias, ainsi que le caractère problématique de la légitimité du personnel élu dans de telles conditions. Un autre critère serait que cette personnalité proteste contre la censure médiatique d’autres formations anticapitalistes que la sienne, marquant non seulement son souci d’unité et de solidarité entre les forces anticapitalistes, mais aussi son souci que se développe à l’intérieur du camp anticapitaliste une véritable discussion, qui ne soit pas orientée par les intérêts de division du capital ou les intérêts boutiquiers de son parti, de son organisation ou de son mouvement. Ces deux critères pourraient être des critères pour discriminer plus largement une attitude démocratique, mais la démocratie est un présupposé nécessaire de l’anticapitalisme moderne, la démocratie, l’ouverture, l’horizontalité dans les partis, organisations et mouvements comme entre partis, organisations et mouvements dans la vie civile et politique. Pour un homme vraiment à gauche, il n’est pas acceptable de jouer de son introduction dans les médias pour prendre sur les partenaires des avantages qui ne doivent rien à l’argumentation et tout à la possession d’un pouvoir ou d’un privilège extérieur à la logique de la délibération démocratique, ce qui revient aussi à tromper les citoyens qui ne disposent pas des informations suffisantes sur les différentes positions en débat.

Un autre critère pour étiqueter un parti, une organisation ou un mouvement comme anticapitaliste, pourrait être une menace de refus ou un refus de participer, par exemple, à une manifestation ou une campagne électorale ne garantissant pas le pluralisme.

Pour le moment, l’urgence est d’en finir avec les compromissions avec les systèmes médiatiques, et d’engager ensuite entre toutes les forces anticapitalistes constituées comme refusant de telles compromissions, sans exclusion, sans anathème, une discussion indépendante de toute pression médiatique. Que chacun analyse, à l’abri des enjeux de pouvoir, avec attention, respect, effort de compréhension vis-à-vis de l’interlocuteur et mise en perspective historique et sociale des diverses interprétations, la nature de la domination actuelle, les possibilités de s’en sortir et les actions unitaires à engager en conséquence, avec mise entre parenthèses éventuelle et provisoire, nécessitée par la dégradation grandissante de la situation des peuples malgré les possibilités existantes, des divergences comme des intérêts d’organisation.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.